le chat sans bottes
11/02/2008 20:07 par rikem
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le chat sans bottes
11/02/2008 20:07 par rikem
Il en est des souris comme des hommes, certains on la chance et le privilège de pou
voir dormir, chaque soir dans un lit douillet, ce qui en somme leur paraît normal, et d'autres, dont je suis, arpentent désespérement les trottoirs à la recherche d'un coin où ils pourront passer la nuit.
Je n'ai pas toujours vécu ainsi, vous savez, Il fut un temps où je dorais tranquillement au soleil sur la terrasse d'une maison dans laquelle il faisait bon, Il a suffit d'un divorce!
Pas le mien...non... j'ai toujours eu horreur de l'idée que l'on puisse me passer une corde au cou, celui de mes maîtres. J'ai d'abord subi le même sort que les enfants, balloté de droite et de gauche. Le dernier déménagement m'a été fatal. Ils m'ont oublié, Les soucis sans doute!
Je les ai cherché au début, j'ai déambulé dans la ville à la recherche d'affiches...rien.
Je ne suis plus tout jeune, je n'ai plus l'énergie necessaire pour me lancer dans des recherches si couteuses.
A quoi bon de toutes façons,selon eux, les vieux ne servent à rien, dès 50 ans ils ne sont déjà plus considérés comme capables de travailler, à part peut-être en politique..
ce qui confirme leurs pensées, puisqu'ils sont tous unanimes pour affirmer qu'il ne s'agit que de « bons à rien », de vrais faignants....soit on les enferme dans des maisons de retraite, soit on les parque au sénat ou à l'académie française...dans tous les cas, il s'agit de mouroir !
Je n'ai pas l'intention d'attendre la mort entre 4 mûrs, je préfère prendre de la distance avec les humains, ils ont un je ne sais quoi d'inhumain....vraiment flippant !
Si je n'étais pas un chat, je pense que j'écrirai mes mémoires, j'ai l'âge pour le faire, elles seraient bien plus crédibles que les mémoires de jeunes « artistes » en mal de reconnaissances....ou d'argent qui à 20 ans ont déjà payé un nègre pour le faire à leur place !
Je les intitulerai : les mémoires d'un chat sans bottes
J'y raconterai mes aventures, mes espoirs, mes déconvenues, mes petites joies aussi.
Pas de quoi fouetter un chat, mais largement de quoi écrire le scénario d'un épisode de « plus belle la vie ».
La rue est un univers dans l'univers, une autre planète, un monde parallèle avec ses codes, ses lois, ses principes, son langage : « T'aurais pas une clope ? - Bip - T'aurais pas une bouteille ? - Bip -
T'aurais pas une petite pièce ? Bip ». Si vous connaissez ces phrases, vous pourrez vous débrouiller. Parfois, des membres d'associations viennent nous servir une gamelle chaude et ils repartent chez eux, heureux de s'être rendus utiles. Leur conscience revigorée. Vous me jugez dur ? Vous avez peut-être raison. Je ne peux tout de même pas leur reprocher d'essayer. Pourtant que deviendraient ces gens si la misère disparaissait. Parviendraient-ils à vivre sans se sentir indispensables ? Le bout de mes pattes est usé.
Il me faudrait des bottes, de 7 lieues de préférence.
Je me rendrais au soleil en deux temps trois mouvements.
Il me semble que la misère m'y serait moins pénible.
Il faudrait faire une chanson là-dessus. Je suis certain qu'elle rencontrerait un franc succès. Je parle, je parle...mais vous avez sans doute autre chose à faire qu'à m'écouter miauler. Si mon poil était encore luisant, ma vue perçante, je ne dis pas...
Est-ce la pitié qui vous anime ? Cela vous amuse peut-être ? Vous vous prenez pour Don Quichotte ?
Ne cherchez pas à m'approcher davantage, je pourrai vous griffer.
Je vois vos mains se tendre vers moi, vous prenez des risques.
J'aimerai me coller contre vous, mais je ne parviens pas à me laisser aller. J
e ne supporterai pas que vous me dupiez. J'ai donné, les beaux discours...c'est fini pour moi.
Je préfère être seul que mal accompagné. Je suis un chat sans avenir vous savez.
Permettez-moi de m'échapper.
N'entrouvez pas la porte de mon espérance, elle serait trop douloureuse à refermer.
Je sens votre peau contre la mienne.
Qui s'y frotte s'y pique, comment osez-vous ?
Votre présence met si douce, pourtant je vous crache ma rage au visage. Vous paierez pour tous les autres.
Vous insistez !
Mais pourquoi juste ciel !
Etes vous bien conscient de ce à quoi vous vous exposez, je suis sans doute malade !
Chaque jour vous revenez, votre obstination m'inspire le respect.
Je vous griffe. Je vous mords .
M'aimez-vous donc ?
Vous me portez, je ressens votre étreinte comme un fil que l'on me passerait doucement au cou.
Vous me liez à vous pour toujours.
Vous m'embrassez, je ressens votre baiser comme un coup de poignard !
Cette fois, je suis vaincu...Je me rends...
Il en ait des animaux comme des hommes
Seuls la patience et l'amour peuvent les vaincre... Aimez....Patience...on vous le rendra.